Accident de la vie

Agression physique : obtenir une indemnisation en 2026

Guide complet 2026 sur l'indemnisation des victimes d'agression physique. Procedure CIVI, SARVI, aide juridictionnelle et montants indicatifs selon la gravité.

Par La Gazette des Victimes · Vérifié par des avocats et spécialistes du droit | | 7 min de lecture

En bref : Plus de 400 000 personnes sont victimes de violences physiques chaque année en France. La CIVI permet une indemnisation intégrale même si l’agresseur est insolvable ou non identifie, pour les atteintes graves (ITT > 1 mois) ou les infractions sexuelles. Les montants vont de 10 000 a 28 000 EUR pour une agression légère jusqu’à 110 000 a 545 000 EUR pour une agression grave. Le délai pour saisir la CIVI est de 3 ans après l’infraction ou 1 an après la décision pénale définitive.

Chaque année, plus de 400 000 personnes sont victimes de violences physiques en France. Au-dela du traumatisme, ces victimes ont droit à une indemnisation intégrale de leurs préjudices, même lorsque l’agresseur est inconnu ou insolvable.

Les voies d’indemnisation

1. La constitution de partie civile

La victime peut se constituer partie civile devant le tribunal correctionnel (ou la cour d’assises pour les crimes). Le juge penal condamne l’auteur à des dommages et intérêts en réparation du préjudice subi.

Avantages :

  • Procedure liee au proces penal (pas besoin de lancer une action civile séparée)
  • L’enquête pénale rassemble les preuves
  • Gratuit si aide juridictionnelle accordée

Inconvenient : Si l’auteur est insolvable, la condamnation reste theorique.

2. La CIVI (Commission d’Indemnisation des Victimes d’Infractions)

La CIVI est la voie privilegiee pour les victimes d’agressions graves. Elle intervient dans les cas suivants :

  • Atteintes graves à la personne : ITT supérieure a 1 mois, infirmité permanente, décès
  • Infractions sexuelles : quelle que soit la durée de l’ITT
  • Traite des etres humains et travail force

Conditions :

  • L’infraction a eu lieu en France (ou la victime est de nationalité française)
  • La victime n’a pas participe à l’infraction
  • Demande dans les 3 ans (ou 1 an après décision pénale)

Procedure :

  1. Dépôt du dossier au TGI du domicile de la victime
  2. Le FGVI presente une offre d’indemnisation dans les 2 mois
  3. En cas de desaccord, audience devant la CIVI
  4. Décision susceptible d’appel

3. Le SARVI (Service d’Aide au Recouvrement des Victimes d’Infractions)

Pour les infractions moins graves (ITT <= 1 mois), le SARVI prend le relais :

  • La victime doit avoir obtenu une condamnation pénale avec dommages et intérêts
  • Le SARVI verse un acompte (30% du montant, minimum 1 000 EUR, maximum 3 000 EUR)
  • Il se charge ensuite de recouvrer la totalité auprès de l’auteur

Les montants d’indemnisation

Agressions légères (ITT < 8 jours)

PosteMontant indicatif
DFT500 - 2 000 EUR
SE (2-3/7)4 000 - 8 000 EUR
DFP (1-3%)2 000 - 8 000 EUR
PSC3 000 - 10 000 EUR
Total10 000 - 28 000 EUR

Agressions moderees (ITT 8-30 jours)

PosteMontant indicatif
DFT2 000 - 6 000 EUR
SE (3-4/7)8 000 - 20 000 EUR
DFP (3-8%)8 000 - 30 000 EUR
PSC5 000 - 15 000 EUR
PGPA5 000 - 15 000 EUR
Total28 000 - 86 000 EUR

Agressions graves (ITT > 30 jours)

PosteMontant indicatif
DFT5 000 - 15 000 EUR
SE (5-6/7)35 000 - 50 000 EUR
DFP (10-30%)30 000 - 150 000 EUR
PSC10 000 - 30 000 EUR
PGPA/PGPF20 000 - 200 000 EUR
ATP10 000 - 100 000 EUR
Total110 000 - 545 000 EUR

Note : PSC = Préjudice Specifique de Contamination ou, en matière de violence, le préjudice lie aux circonstances de l’infraction (peur, humiliation, sentiment d’insecurite). Certaines juridictions l’appellent “préjudice specifique lie aux violences”.

Le préjudice psychologique

Les victimes d’agression souffrent frequemment de syndrome de stress post-traumatique (SSPT). Ce préjudice est indemnise a travers :

  • Les Souffrances Endurees (SE) : integrent la composante psychique
  • Le DFP : peut inclure un déficit psychique permanent
  • Le préjudice d’agrement : si l’agression empeche des activités de loisir
  • Le préjudice specifique : angoisse, phobie, sentiment d’insecurite residuel

Les preuves a rassembler

  1. Certificat médical initial (UMJ si possible)
  2. Attestations de suivi psychologique (psychologue, psychiatre)
  3. Certificats d’arrêt de travail
  4. Témoignages de proches sur le retentissement
  5. Proces-verbal de dépôt de plainte
  6. Photos des blessures (datees)

Conseils pratiques

Immédiatement après l’agression

  1. Appeler les secours (15, 17, 112)
  2. Déposer plainte au commissariat ou à la gendarmerie
  3. Se faire examiner aux urgences ou par un médecin (certificat médical initial)
  4. Photographier les blessures
  5. Conserver tous les justificatifs de frais (pharmacie, transport, etc.)

Pour la procédure

  1. Ne pas attendre la fin du procès pénal pour consulter un avocat
  2. Demander l’aide juridictionnelle si ressources insuffisantes
  3. Se faire assister d’un médecin conseil pour l’expertise
  4. Ne pas accepter la première offre du FGVI sans avis juridique

Les délais à respecter

Les délais de prescription sont stricts en matière d’agression. Un retard peut vous faire perdre définitivement vos droits :

DémarcheDélai
Dépôt de plainteLe plus tôt possible (idéalement le jour même)
Saisine de la CIVI3 ans après l’infraction
Saisine de la CIVI (après procès pénal)1 an après la décision pénale définitive
Saisine du SARVI2 mois à 1 an après la décision pénale
Action civile (responsabilité)10 ans après la consolidation
Action pénale (délit)6 ans
Action pénale (crime)20 ans

Attention : la saisine de la CIVI et la constitution de partie civile sont deux procédures distinctes qui peuvent être menées en parallèle. N’attendez pas l’issue du procès pénal pour engager vos démarches d’indemnisation.

Le cas particulier des victimes de violences conjugales

Les violences conjugales ouvrent les mêmes droits à indemnisation que toute autre agression. La CIVI est compétente et l’aide juridictionnelle est accordée de plein droit àux victimes de violences au sein du couple. Les montants d’indemnisation sont évalués sur les mêmes bases que les agressions par un tiers.

Spécificités :

  • L’ordonnance de protection peut être obtenue en urgence auprès du juge aux affaires familiales
  • Le téléphone grave danger (TGD) peut être attribué par le procureur
  • L’association France Victimes (116 006) oriente gratuitement vers des structures spécialisées

Le préjudice des proches (victimes par ricochet)

Lorsque l’agression entraîne le décès de la victime ou des séquelles très graves, les proches (conjoint, enfants, parents, fratrie) peuvent demander l’indemnisation de leur propre préjudice :

ProchePréjudice d’affection indicatif
Conjoint/partenaire25 000 - 40 000 EUR
Enfant mineur20 000 - 35 000 EUR
Parent20 000 - 35 000 EUR
Frère/soeur8 000 - 15 000 EUR

Ces montants s’ajoutent aux éventuels préjudices économiques des proches (perte de revenus du foyer, frais d’obsèques). La Cour de cassation a confirmé que le trouble dans les conditions d’existence est recevable même soulevé pour la première fois en appel.

Pourquoi se faire accompagner par un avocat

L’accompagnement par un avocat spécialisé en préjudice corporel est vivement recommandé pour les victimes d’agression, en particulier lorsque :

  • L’ITT dépasse 8 jours (agression modérée à grave)
  • Un syndrome de stress post-traumatique est diagnostiqué
  • L’agresseur conteste les faits ou sa responsabilité
  • L’offre du FGVI semble insuffisante

L’avocat intervient à deux niveaux : au pénal (constitution de partie civile, réquisitions) et au civil (CIVI, expertise médicale, négociation avec le FGVI). Les victimes accompagnées obtiennent en moyenne 2 à 3 fois plus que celles qui négocient seules.

Ressources utiles

  • 116 006 : numéro national d’aide aux victimes (gratuit, confidentiel, 7j/7)
  • 3919 : numéro dédié aux violences conjugales
  • France Victimes : réseau de 130 associations d’aide aux victimes sur tout le territoire
  • Estimez votre indemnisation : calculer-mon-préjudice.fr

Questions fréquentes

Peut-on être indemnise si l'agresseur est insolvable ?

Oui. La CIVI (Commission d'Indemnisation des Victimes d'Infractions) permet d'obtenir une indemnisation même si l'auteur est insolvable, non identifie ou en fuite. C'est le Fonds de Garantie des Victimes (FGVI) qui verse l'indemnisation. La procedure est gratuite.

Quel est le délai pour saisir la CIVI ?

La victime dispose de 3 ans à compter de la date de l'infraction pour saisir la CIVI. Si une procedure pénale est en cours, le délai est de 1 an à compter de la décision pénale définitive. Passe ce délai, la demande est irrecevable sauf motif légitime.

Quelle différence entre la CIVI et le SARVI ?

La CIVI indemnise intégralement les victimes d'infractions graves (ITT > 1 mois ou infraction sexuelle). Le SARVI aide au recouvrement des dommages et intérêts accordés par le tribunal penal pour les infractions moins graves (ITT <= 1 mois). Le SARVI verse un acompte puis se retourne contre l'auteur.

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